Des mandataires politiques d’origine étrangère s’élèvent contre le racisme

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Une vingtaine de mandataires politiques belges francophones d’origine étrangère, tous partis confondus, ont réuni la presse vendredi à Bruxelles pour susciter un large mouvement contre le racisme.

Ils n’en peuvent plus de la «banalisation du racisme» et estiment que le cri lancé par Cécile Djunga, comédienne et présentatrice météo de la RTBF, agressée verbalement en raison de la couleur de sa peau, est un «momentum». Cette sortie est intervenue au moment où la VRT diffusait un reportage dévoilant les coulisses racistes de l’organisation identitaire flamande Schild & Vrienden.

 Les agressions racistes violentes se sont multipliées ces dernières semaines, qui ont notamment vu une jeune femme voilée agressée à Anderlues, deux jeunes filles noires molestées et invectivées au festival Pukkelpop, un jeune noir poussé sur les rails de train à Aarschot, une jeune femme brutalisée lors d’un événement presse à Knokke et, bien que d’origine haïtienne, invitée à «retourner en Afrique».

Plus facile d’apporter des preuves aujourd’hui

Il faut appliquer la «tolérance zéro» vis-à-vis du sexisme, du racisme, de l’antisémitisme, de l’homophobie, clament ces personnalités réunies à l’initiative de Gisèle Mandaila (DéFI), qui fut la première (et reste l’unique) personnalité noire à avoir intégré un gouvernement (fédéral) en Belgique. Il faut identifier les auteurs et appliquer la loi de 1981 contre le racisme, d’autant qu’il est plus facile aujourd’hui d’apporter les preuves avec un smartphone, soutiennent-elles.

La société est également conviée à une large introspection. L’enseignement doit être repensé à cet égard, il s’agit notamment de se pencher sur les parcours migratoires et la décolonisation, insistent ces personnalités politiques.

Changer de regard

Des campagnes doivent être menées et le fédéral doit lancer un vaste plan national contre le racisme. «Le regard de l’autre doit changer». Il y a le racisme haineux, violent, mais il y a aussi le racisme au quotidien, véhiculé parfois de façon inconsciente, relèvent-elles après avoir toutes évoqué une anecdote dans leur parcours personnel.

Ces mandataires pointent des responsabilités multiples, notamment médiatiques et politiques, singulièrement dans le chef de «ceux qui ont le tweet léger» ou qui «se déplacent à l’étranger pour convier les étrangers à rester chez eux sans se soucier de créer les outils qui leur permettraient de ne pas fuir».

Le mouvement a pour ambition de grandir en étant rejoint par les «Belges d’origine non étrangère».

Des personnalités telles que Pierre Migisha (cdH), Joëlle Kapompole (PS), Latifa Ait Baala (MR), Nadia El Yousfi (PS), Bea Diallo (PS), Marie Nagy (DéFI) ou Bertin Mampaka (cdH) ont tour à tour pris la parole vendredi.

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